mardi 14 mai 2019

L'industrie et la donnée


L’industrie est engagée dans une mutation sectorielle historique. A une production de masse, sur stock et standardisée succède une production à la demande et très personnalisée. De plus en plus, les clients réclament des produits sur mesure, clés en main, livrés dans des délais très courts, et qu’ils jugent avant tout à l’expérience qu’ils leur procurent.
L’industrie du futur ne se limite pas à l’utilisation de technologies émergentes, comme l’impression 3D, la réalité augmentée ou l’intelligence artificielle. La grande nouveauté est que les nouvelles solutions et les machines existantes sont interconnectées et leur dialogue permanent ouvre de nouvelles possibilités. Un enjeu technologique est de permettre les échanges entre les équipements industriels, les opérations, les autres fonctions et les multiples partenaires extérieurs. Pour faire partie de l’écosystème industriel de demain, l’entreprise doit permettre à la donnée de s’écouler librement. 



samedi 24 novembre 2018

La disruption d'Elon Musk transforme l'industrie

L’industrie est entrée dans une nouvelle ère : la quatrième révolution industrielle marquée par le teslime. Ce terme, désignant la façon dont Elon Musk a transformé l’industrie, est employé par Michael Valentin, conseiller au cabinet de conseil OPEO pour décrire le modèle de fonctionnement de l’entreprise Tesla. Dans une interview, l’auteur de l’ouvrage « Le modèle Tesla - Du toyotisme au teslisme : la disruption d’Elon Musk » nous détaille les spécificités de ce nouvel acteur de l’automobile.

En quoi le teslisme est-il le modèle de la quatrième révolution industrielle ?

Dans chaque révolution industrielle, il y a toujours eu un modèle catalyseur. Nous avons eu Ford dans la deuxième avec la mise en place du modèle de spécialisation des tâches théorisé par Taylor, puis Toyota dans la troisième avec la robotisation, l’informatique et la globalisation des chaînes de plus en plus complexes. Les deux - Ford et Toyota - venaient du monde industriel. La différence avec Elon Musk est qu’il vient plutôt d’une sphère digitale : c’est un codeur qui est arrivé dans un second temps dans le monde de l’industrie. Il a le parcours inverse de beaucoup d’industriels : il vient du digital et va vers l’industrie.

Quelle est sa particularité ?

Elon Musk pense autrement la façon de vendre ses produits, c’est ce que j’appelle « la traction tentaculaire ». Il prend son entreprise comme une start-up et a une vision très intégrée, propre au monde du digital. Il intègre toutes les fonctions coeur comme des fonctions immatérielles. Il pense la voiture comme un ordinateur avant de la penser comme un moyen de transport : c’est d’abord un ordinateur auquel on vient ajouter des roues, plus qu’un moyen roulant auquel on va ajouter un ordinateur. C’est très intéressant lorsqu’on regarde la façon dont se sont construits les autres constructeurs : d’abord des voitures qui sont, par la suite, devenues intelligentes. On vient ajouter petit à petit des fonctions dans la voiture existante. C’est un agrégat de sous-modules avec un réseaux de fournisseurs assez complexe, alors que Musk par d’un système très intégré dès le départ - l’avantage de partir de zéro - qu’il pense comme un ordinateur.

« La traction tentaculaire » fait partie de sept principes fondamentaux du teslisme…

J’aime regrouper ces sept principes en trois grands blocs pour que ce soit plus lisible : le cercle externe, qui consiste à conduire son entreprise comme une start-up, le cercle interne qui consiste à augmenter son système industriel et un coeur qui est d’apprendre très vite en boucle courte et collectivement. Le premier bloc est stratégique, il est tourné vers l’extérieur de l’entreprise. D’une part avoir une vision forte du dirigeant capable de s’impliquer dans les problèmes d’équipe et être sur le terrain. Avoir une capacité de créer de la traction commerciale grâce au réseau. C’est ce que j’appelle la traction tentaculaire : la force des plateformes digitales. Et par ailleurs être intégré verticalement dans sa chaîne de valeur, dans ses métiers d’entreprise et dans son écosystème.

Le deuxième bloc est la dimension interne, c'est bien ça?

Oui. C’est une sorte d’augmentation du système industriel en mettant du logiciel partout. Il va en mettre dans le produit. Mais également dans l’usine : dans la supply chain, dans les échanges entre les équipes, etc. Le logiciel est omniprésent. Musk a également une façon de chasser le gaspillage sur le terrain, c’est ce qu’on appelle l’hypermanufacturing. Les nouveaux gaspillages sont moins perceptibles à l’oeil nu : les données non utilisées, des décisions trop lentes, etc. Tout ce qui traine dans l’entreprise. Une autre dimension est le start-up leadership. Le fait de laisser l’autonomie aux équipes de terrain pour qu’elles développent le business et la compétitivité tout en étant présent pour les développer individuellement. C’est une nouvelle approche de ce qu’on appelle l’ « empowerment », la responsabilisation de chacun.

Vous évoquez enfin luis le coeur du système, l’apprentissage rapide.

Le fait d’apprendre très vite est propre au digital. C’est le fait de ne pas attendre d’avoir quelque chose de parfait pour agir et vendre. De mettre de suite en place des choses, quitte à se tromper. Et le plus important est de savoir comment capitaliser sur ses échecs. Par exemple, quand il a commencé sa première voiture, il ne s’est pas dit qu’il fallait faire un modèle haut de gamme qu’il développerait pendant trois ou quatre ans, comme le font les autres. Il a pris une voiture existante - une Lotus Elise - a acheté des batteries électriques qu’il a bricolé et a vérifié que cela fonctionnait. Une fois mature, il a vendu sa Lotus Elise. Il a récolté ainsi de l’argent pour créer sa modèle S, et ainsi de suite.

Peut-on dire que le modèle Tesla est donc un modèle à suivre ?

Je dirais plutôt que c’est un modèle dont on peut s’inspirer. Le suivre à 100 % non, et cela était valable également pour les précédentes révolutions industrielles. La raison est que vous n’êtes - en tant qu’entreprise - jamais dans le même contexte que Tesla, ni dans le même secteur. Pour moi, le modèle Tesla va pouvoir se répliquer dans d’autres secteurs industriels mais en adaptant chacun des sept principes décrits à la fois au secteur, au contexte de l’entreprise - économique et géographique - à la culture de la société, etc. Un modèle ne peut se copier à 100 %. Vous n’êtes pas Tesla. Vous n’êtes pas en Californie. Vous ne fabriquez pas de voiture. Mais il est important de comprendre le modèle pour savoir comment s’en inspirer.

Le modèle Tesla est-il la solution pour « survivre » dans l’industrie ?

Je suis assez optimiste pour ce qui est de l’avenir de l’industrie. C’est un secteur très important de l’économie, non marginal, qui a besoin d’être revitalisé. Mais il existe des situations individuelles très complexes, qui sont des cas de crise. En général, quand on est dans une situation de crise, on a besoin de revoir les choses de façon fondamentale, et non sur un changement de modèle. Mais le modèle s’applique très bien a une entreprise qui a des difficultés sans être en état de crise. Il va permettre de réfléchir à la façon dont on peut améliorer sa compétitivité, par exemple pour faire évoluer son modèle d’affaires. S’adapter aux nouveaux besoins du citoyen. Comment faire pour vendre des produits mais également des services, connecter l’utilisateur, créer de l’attraction,  etc. C’est une façon moderne de voir l’économie.

Y a-t-il des entreprises qui se sont déjà inspirées de Tesla ?

S’inspirer de Tesla en disant qu’elles se sont inspirées de Tesla, non. Par contre, s’inspirer des principes oui. Quand vous regardez chacune des sept dimensions, on retrouve chez ceux qui sont en avance dans la quatrième révolution une ou plusieurs principes du teslisme. Il y a même des entreprises qui, sans le savoir, ont ces sept dimensions. C’est le cas de Michelin ou de Mars, qui ont, en interne, intégré les nouveaux ingrédients du 21e siècle. Plus précisément, ils ont développé en parallèle une façon de fonctionner qui s’adapte aux nouveaux défis et enjeux d’aujourd’hui. Et on retombe sur la même recette que Tesla. L’analyse de l’ensemble de ces entreprises et de Tesla montre que les sept dimensions décrites sont relativement universelles pour bien réussir dans la quatrième révolution industrielle. C’est aussi ça qui fait l’intérêt du modèle : il n’est pas spécifique à Tesla !

 

Propos recueillis par Séverine Fontaine.ITIndustrie

dimanche 18 mars 2018

L'ordinateur quantique vu par Microsoft France

Bernard Ourghanlian CTO et CSO de Microsoft France nous fait découvrir les problèmes concrets que pourrait résoudre un ordinateur quantique et comprendre l’approche originale développée par Microsoft pour construire un ordinateur quantique topologique


vendredi 5 janvier 2018

Les 6 prévisions technologiques 2018 de GitHub

Les 6 prévisions technologiques 2018 de GitHub

2017 a été l'année de l'intelligence artificielle et de l'apprentissage automatique, deux domaines dont les avancées vont se poursuivre pendant encore de longues années. Que pouvons-nous attendre en 2018 ?

Les données occupent une place de plus en plus importante dans notre vie et imposent des exigences croissantes sur la sécurité, le cloud et la technologie open source Voici les principales tendances qui animeront l'année à venir du point de vue technologique. Jason Warner est senior VP en charge de la technologie chez GitHub.
1. Les données vont tout dominer : ces dernières années, le Cloud 1.0 a marqué l’apparition de tâches de calcul dans les environnements cloud de grande envergure. Le Cloud 2.0, quant à lui, - celui que nous connaissons aujourd’hui et dont l’évolution va se poursuivre - concerne les données, le transfert des informations et les outils et services qui le rendent possible, que ce soit sur le plan analytique ou de l’apprentissage automatique (machine learning). Qu’elles le sachent ou non, toutes les entreprises actuellement en activité à travers le monde sont des data companies, des sociétés dont l’activité repose sur les données. En 2018, le transfert et la valorisation des données deviendront le plus grand atout des entreprises, à condition qu’elles sachent comment les exploiter.
2. La « guerre du workflow » va franchir un nouveau palier, tout comme les fusions et acquisitions : la course est lancée pour capter l’attention des développeurs dans le but de développer l’écosystème du cloud. Le marché des fusions et acquisitions va s’enflammer. Les grands comptes du secteur high-tech vont faire main basse sur les structures plus modestes, spécialisées dans la résolution des problèmes d’infrastructure et la création d’outils de gestion du workflow plus performants. Notre rôle sera crucial dans l’intégration des plateformes de développement entre ces entreprises.
3. L’open source entreprend sa remontée : véritable OVNI il y a dix ans, Linux est aujourd’hui la norme. À l’époque, des entreprises comme Amazon, Google et Microsoft étaient obligées de construire leurs propres outils, faute de systèmes permettant de créer leurs projets. Depuis, bon nombre de ces frameworks sont devenus disponibles en open source. Cette mutation est en train de transformer ce dans quoi les entreprises investissent, et d’élever les logiciels libres au rang de véritables concurrents pour les outils traditionnels.
4. L’infrastructure aura son moment « Ruby on Rails » : de nouveaux outils disponibles sur le marché vont rapidement accélérer le passage de l’idée à la production, ainsi que réduire le temps consacré par les développeurs à faire des réglages « sous le capot ». Les développeurs d’applications disposeront ainsi de davantage de temps pour effectuer ce qu’il leur plaît le plus, c’est-à-dire améliorer, régler et enrichir leurs produits.
5. La sécurité va se poster aux premières loges - et y rester : partout dans le monde, de nombreux systèmes critiques sont insuffisamment robustes et leur exposition ne cesse de croître. Les vagues régulières d’attaques par malware que nous avons enregistrées cette année vont se poursuivre à un rythme croissant, avec pour corollaire une augmentation des ressources financières et de développement dédiées à la sécurité. La sécurité doit être incorporée au code dès son développement, au lieu d’être ajoutée au cours de la phase de production. Par ailleurs, nous allons assister à l’émergence de systèmes plus intelligents qui, à terme, formeront une série de couches automatiquement sécurisées.

6. Notre Internet libre et ouvert sera soumis à rude épreuve : la fragilité de la neutralité du Net ainsi que la montée en puissance des lois de localisation des données propres à chaque pays vont probablement mettre à l’épreuve la résilience d’Internet, mais également du tissu social mondial et de la manière dont les entreprises collaborent aux quatre coins du monde.

jeudi 16 novembre 2017

[Salon de l’aéronautique 2017 ] : Carton plein


Avec  150 milliards de commande en  4 jours pour la filière aéronautique,  Boeing devant Airbus pour la première fois depuis 2012, Airbus remportant l'une des plus grosse commande du salon avec 100 A320neo et 2000 commandes de moteur CFM56 et LEAP pour CFM, la coentreprise de Safran et de GE, l’édition 2017 du Salon de l’Aéronautique et de l’Espace au Bourget est un grand succès pour tous les acteurs de la filière aéronautique.

Le salon a confirmé une autre évolution : l'importance grandissante du numérique dans la production aéronautique, devenue le thème de prédilection de tous les patrons de secteur. La présence d’Atos avec Siemens en est l’illustration : la valeur numérique semble porter tous les espoirs de gain de productivité des clients confrontés à de nombreux problèmes de retard et de dérapage budgétaire au cours de la dernière décennie.

Atos et Siemens ont affichés clairement leur ambition commune en donnant un signal fort de développement de l’activité Aéronautique et Défense à notre international avec le focus sur le  Go2Market stratégique autour d'Atos Codex / MindSphere, IT / OT Convergence et la Cybersécurité

Nous avons accueillis plus de 80 clients sur le chalet Atos et  Siemens, avec la visite de 9 délégations et de nombreux journalistes pour des interviews exclusives dans la presse française et internationale ;

Les démos des solutions Atos Mindsphere par Christophe Sabarots et de la cybersécurité par les équipes du BTIC Nicolas Geoffroy et Hyppoline GROMY ont remporté un grand succès.

mercredi 15 novembre 2017

Le 1er Challenge Industrie du Futur révèle un palmarès d'exception !

Plus de 80 candidatures ont été enregistrées pour ce challenge « Industrie du Futur à destination des start-ups françaises. Celles-ci ont été étudiées selon 3 catégories : procédés & matériaux du futur, cybersécurité & data science et l’industrie 4.0. Les 14 projets les plus innovants ont été retenus pour participer à la phase finale et ainsi être accompagné par des « experts – métiers » afin d’adapter leur projet au contexte industriel et bénéficier d’un support de choix.
A l’issue des présentations des projets de chacune des 14 start-ups finalistes, le jury présidé par Jean-Marie Simon, Directeur Général Atos France et Luc Graux, Président de SKF France  a  distingué dans le cadre innovant de la SKF Solution Factory à Saint-Cyr-sur-Loire : 
·         Pour le prix de la catégorie "Cybersécurité & data science" les start-ups SKEYETECH, pour la sécurité des sites industriels, et TELLMEPLUS, pour sa plate-forme de « Predictive objects ».
·         Pour le prix de la catégorie "Industrie 4.0" la start-up ENERGIENCY pour son approche innovante des enjeux écologiques de l’industrie de demain, avec son logiciel d’analyse de la performance énergétique dans l’usine.
·         Pour le prix de la catégorie "Matériaux et procédés du futur" la start-up ENOVASENSE, pour son innovation technologique permettant la mesure de l’épaisseur des revêtements sur tous les matériaux. 
Suite aux votes en ligne des internautes et aux votes en salle durant toute la finale, ce sont les start-ups SKEYETECH et ENOVASENSE qui ont emporté le prix Coup de Cœur.
Découvrez en images les moments forts du challenge !