L’Europe et surtout la France, prêtes à se saisir
du potentiel de l’internet des objets ?
Les projections quant au nombre des objets connectés varient entre 50
et 80 milliards à l’horizon 2020. C’est en effet ce qu’il a été annoncé lors de
la 17ème rencontre annuelle de L’Institut
G9+ intitulée les nouveaux eldorados de l’économie connectée. “Cette nouvelle ère débutera
réellement quand il y aura plus d’objets connectés que d’hommes” a
déclaré lors de la conférence Pascal
Cagni, ancien DG d’Apple Europe, Moyen-orient, Inde et Afrique et éminent
Business Angel. Et cela ne saurait tarder. En effet, la technologie
Bluetooth low energy, la nanoïsation des composants, leur coût
désormais moindre pour une puissance accrue et le protocole
IPV6 qui permettra de
disposer de 9 connexions par individu font changer l’aptitude à utiliser des
objets. Tout est donc réuni pour l’émergence d’une nouvelle économie estimée à $1,9
trillion dès 2020. Une opportunité pour l’Europe toute entière, mais surtout
pour la France qui semble prête à la saisir.
De
la place pour tout le monde Ainsi, si les Google Glass, Google Car ou Galaxy
Gear ont ouvert la voie au grand public, cela ne constituerait que la face
visible de l’iceberg. En effet, lors de la conférence il a été révélé que la
majeure partie du potentiel de marché n’a pas encore émergée. Les GAFA ne
seront donc pas les seuls à pouvoir profiter de l’internet des objets. La
France posséderait ainsi de réels atouts pour fabriquer des champions mondiaux.
En effet, les écoles d’ingénieurs et son école de mathématiques constituent
un véritable terreau propice à l’éclosion de projets relatifs aux objets
connectés. Les 60 000 “Frenchies” expatriés dans la Silicon Valley pourront
également servir de relais aux entrepreneurs français. La France et à fortiori
l’Europe possèdent d’ailleurs déjà des leaders qui verront leur potentiel
décupler à la manière de ST
Microelectronics, ARM ouCSR. Par ailleurs, ce
sont de financements qu’auront besoin les entrepreneurs et notamment des
Business Angels. Si l’écosystème des fonds d’amorçage est encore quelque peu fragile en France, la BPI a actionné certains leviers et
les investissements commenceraient à décoller. Enfin la coopération européenne
est nécessaire pour profiter au maximum de cette nouvelle opportunité. Si
Londres et Paris sont les deux places perçues comme les plus dynamiques, Berlin
avec Soundcloud en fer de lance constitue également un acteur
avec qui il faut apprendre à travailler
4
segments porteurs Autre rappel de l’événement : le marché s’appréhende actuellement par 4
faces. La première est composée des wearable devices. En effet, les possesseurs
de smartphones consulteraient plus de 150 fois leur smartphone par jour et 72%
de ces “checks” pourraient être remplacés par les wearable devices. Montres et
lunettes connectées mais également balance et t-shirts connectés comme OMsignal participeront à ce qu’il y ait “plus
d’ordinateurs dans nos machines à laver” que l’on en possédait jusque-là. Les
transports profiteront à plein de l’internet des objets. Le secteur de
l’assurance pourrait par exemple changer ses pratiques de bonus/malus par
rapport aux comportements de conduites observables. La billetique ou l’information
multimodale seront
également bouleversées. La maison connectée sera le grand élément par sa taille
de marché de l’internet des objets. Avec une estimation à plus de 72 milliards
d’ici 2017, il faudra profiter des nouvelles perspectives de vidéosurveillance,
de personnalisation de l’ambiance des pièces ou encore des mesures de qualité
de l’air intérieur. Enfin, la m-santé est sans doute déjà la partie la plus
développée. Gérer la médication de ses ainés, les risques de diabète ou de
contagion seront parmi les fonctions des quelques 170 millions d’objets vendues
à cet effet d’ici 4 ans.